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2007
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Ce n'est pas une diatribe,
ce ne sont que des impressions et mon vécu que je relate
ici ! Un résumé de galères et d'incompréhensions
...
En 2005, j'ai
commencé à ressentir les premiers symptômes.
Je travaillais dans la vigne...
Un travail plaisant, proche de
la nature, physique aussi. En février,
j'ai ressenti des douleurs dans la main droite, puis une impossibilité
à fermer la main. Progressivement,
des douleurs dans les jambes se sont installées. L'usage
d'une canne devient nécessaire pour me déplacer
et me soutenir pour éviter les chutes. Diverses
douleurs, musculaires, commencent à m'empêcher
de bouger et de dormir. Les visites
chez les médecins commencent alors à s'enchaîner
...
Les premières
visites chez les médecins ont été difficiles
... Mon médecin traitant
prend la chose au sérieux et me prescrit divers examens.
On détecte de légers
dysfonctionnement, mais le neurologue qui me reçoit me
dit : "Pour moi tout est normal, voyez avec votre médecin
s'il a une idée, ce n'est plus nécessaire de revenir
!". Je décide d'aller
voir un autre neurologue. Après
examen, il me conseille d'essayer de faire une cure, mais estime
que le problème est peut-être psychologique ...
Néanmoins, il me dirige
vers un neurologue sur Strasbourg. Enfin,
quelqu'un qui me prend au sérieux et qui décide
d'explorer toutes les pistes !
En attendant, mon état
ne s'améliore pas ! Je ne
peux plus pratiquer du tout d'activités physiques ! Je
n'ai plus de loisirs. J'ai de plus
en plus de mal à me tenir debout et à me déplacer
! Les douleurs sont toujours plus
importantes ... Et rien, pas de
réelles prises en charges, pas ou peu de traitement,
il faut être patient, me dit-on, car tout peut partir
de la même manière que c'est arrivé ...
Un médecin me demande si,
enfant, on ne me frappait pas sur les jambes !!! Mon
état provoque une dépression sur ma femme, qui
subit les conséquences de mon état. J'ai
du mal à m'accepter en train de sombrer dans une inactivité
pesante et involontaire.
Janvier 2006.
Mon premier contrôle médical a été
difficile ! Je suis convoqué
par le Contrôle médical et reçu par un médecin
qui ne me connait pas. Ce dernier me traite de simulateur, me
dit que ce dont j'ai besoin, c'est d'un psy et que n'ai qu'à
retourner travailler ! Lors d'une autre visite, on me dira :
"Fermez les yeux, jettez votre canne et ouvrez les, puis
marchez !" ... Une fois chez
nous, après réflexion, je décide d'écrire
au médecin, pour lui faire part de ma colère !
J'espère une réaction,
qui ne vient pas ... J'aurai tant aimé
comprendre sa position et ses réactions ! J'aurai
aimé un nouvel entretien et un nouveau départ
sur d'autres bases !
Les problèmes
administratifs sont destructeurs. Je
décide, en accord avec mon médecin référant,
d'emtamer un suivi psychologique. Le
contrôle médical me fait convoquer pour des expertises.
Chez un médecin en rééducation
fonctionnelle, qui me reçoit, m'interroge sur ma vie
privée et mes symptômes, me fait lever, allonger,
soulève une jambe, puis l'autre, me demande de m'habiller
et me dit "au revoir" ... Puis
chez un psychiatre, qui m'engueule, parce que je n'arrive pas
à monter l'escalier pour me rendre chez lui et qu'il
est pressé, ayant d'autres personnes à voir !
Il ne se souci pas des mes problèmes, il cherche à
me pousser à dire que je ne cherche que l'invalidité
... Le psychiatre qui me suit ne
comprend pas pourquoi m'envoyer chez un collègue, alors
que suis déjà suivi ! Je
n'aurai jamais communication des rapports d'expertises, mes
médecins non plus. Convoqué
à nouveau par le contrôle médical, le médecin
m'explique, que ma situation est complexe : d'un point de vue
administratif, puisque la médecine
ne peut mettre un nom sur l'affection qui me
touche, je peux être déclaré apte, puis
inapte à mon poste, puis licencié... J'attend
un miracle ... En attendant, je
ne suis pas considéré comme "malade"
...
Les examens
médicaux s'enchaînent avec des résultats
mitigés. Ma situation ne s'arrange pas du tout ! J'insiste
pour être à nouveau reçu en consultation
par le neurologue. Je ne peux plus
me déplacer debout avec ma canne sur plus d'une quinzaine
de mètres. Je ne peux plus
lever les jambes. Je me déplace
en fauteuil roulant. Le psychiatre
qui me suit écrit au neurologue pour lui demander de
poursuivre la piste médicale, excluant tout problème
psychologique. J'utilise un neuro-stimulateur,
prescrit par le centre anti-douleurs, qui me soulage un peu.
Mon kiné fait son possible,
deux fois par semaine pour entretenir ma musculature et mes
articulations. L'acupuncteur que
je vois régulièrement, parvient à m'aider
à améliorer mon sommeil. Les
douleurs augmentent, les articulations et le dos encaissent
tout ...
Je n'ai pas
d'autre solution que de subir et de m'accrocher pour ne pas
risquer de devenir dépressif. Ma
situation administrative reste floue ... En
l'absence de diagnostic précis, je n'ai toujours rien
... Le contrôle médicale
ne prend plus en charge les locations de mon fauteuil et de
mon neuro-stimulateur, ce n'est pas justifié médicalement
... J'ai une baisse de revenus
de 40 % depuis que je suis en arrêt de travail, je ne
peux plus prendre en charge ces frais, je dois donc m'en passer.
Des amis me prêtent momentanément
un fauteuil et les douleurs augmentent toujours. J'ai
des difficultés à me servir de mes mains, les
premiers symptômes reviennent. Je
ne suis pas en ALD, je ne bénéficie d'aucune prise
en charge de transport ... Si je
veux sortir, je dois rester allonger une demi-journée,
voire une journée, et me gaver d'anti-douleurs ...
Heureusement, je suis bien
entouré et j'ai des soutiens ! Ma
femme, ma famille, mes amis ! Mais
aussi les médecins, ceux qui conscients de mes problèmes,
font tout pour m'aider. Le soutien
de la Maison Départementale du Handicap est important.
Le conseiller général
de mon canton, m'aide dans mes démarches administratives.
Un énorme soutien moral
: mes passions, la musique et la danse, mais aussi l'histoire
! Des projets, ce site et mon engagement
vers les autres.
Il me reste à faire
reconnaitre mes droits :
-
être reconnu comme
étant atteint d'une affection, être simplement
reconnu "malade"
-
ne pas être contraint
à la réclusion, mais être autorisé
à sortir, à circuler librement
-
que ma situation administrative
évolue vers une reconnaisance de la maladie
essentiels à la poursuite
d'une vie normale. Enfin, le 5 avril 2007, le Médecin
conseil m'informe d'une mise en invalidité totale. Le
début d'une reconnaissance de mon état, mais je
souhaite bien plus, retrouver une vie normale, pouvoir reprendre
une activité professionnelle, bouger ...
Depuis le 1er juillet 2007, je peux sortir,
je ne tiens presque plus sur mes jambes, très peu de
temps, les déplacements debouts sont longs et quasi impossibles,
je ne peux plus me déplacer qu'en fauteuil.
Ceux qui ne connaissent pas la maladie ne
comprennent pas le besoin d'un fauteuil et la possibilité
de se lever ... On échange ?
Mon médecin suit une piste pour comprendre, soulager
et soigner, mais il est possible que la maladie ne soit pas
encore déclarée, alors encore : patience ! Le
pire est peut-être à venir ... Le meilleur serait
une rémission totale !
Depuis octobre 2007, enfin une reconnaissance ! Bon pour
le moral ... J'ai été reconnu invalide à
80% ou plus .
Aujourd'hui, j'essaie de me gérer, j'ai des problèmes
aggravés pour me tenir debout et me déplacer.
J'ai des endormissements soudains, consécutifs aux grosses
crises de douleurs. Je ne peux prévoir les moments où
je ne peux plus bouger. Mes cours de danse sont un excellent
remède pour sortir de ma bulle, mais deux heures de danse
signifient une journée de repos avant et un lendemain
de récupération ... Mais le moral tient toujours
!
Le temps s'écoule lentement, depuis début
2008, les médicaments semblent faire de l'effet, mais
il y a aussi les conséquences, d'autres problèmes
s'ajoutent, les difficultés augmentent ..
Aujourd'hui, mon état semble s'être stabilisé,
mais il ne l'est pas vraiment, contrairement aux apparences
!
Beaucoup de fatigues, des douleurs énormes, quand
je suis debout, c'est à la limite du tolérable
... Les déplacements sur mes jambes, une vraie galère,
quelques mètres à peine, selon les jours, des
endormissements, des maux de tête permanents, des blocages
musculaires et des pertes d'équilibre, des vertiges ...
J'arrive encore à gérer quelques heures d'activité
dans la semaine, mais tout exercice, toute activité,
nécessitent une préparation (repos, sommeil, massages,
...) et ensuite une récupération pénible,
mais salutaire.
Nous sommes au premier trimestre 2009, et voilà ...
l'administration estime mon état stabilisé, et
étant actif (sic ! serait-ce mes 2 à 3 heures
de danses ?), j'ai eu droit à une réduction de
mes actes de kinésithérapie ! Il faut réserver
ces actes pour ceux qui en ont besoin me dit-on ... Résultat,
mes douleurs augmentent, c'est une nouvelle conséquence
...
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